Etty Hillesum, écrits

Juive hollandaise née au Pays-Bas en janvier 1924, Etty Hillesum a disparu à Auschwitz à 29 ans en novembre 1943, laissant son journal 1941-1943 et de nombreuses lettres, dont celles du camp de Westerbork. Ces écrits, publiés depuis 1981, témoignent de l’évolution fulgurante et de l’approfondissement humain extraordinaire de cette jeune femme. Alors qu’elle est confrontée à des conditions de plus en plus dramatiques, Etty accède progressivement à une intériorité et une liberté intérieure sublimes qui la rendent capable de trouver,  » la vie belle, digne d’être vécue et riche de sens, en dépit de tout « . Ayant découvert au plus profond d’elle même ce    » quelque chose qui ne vous quittera plus jamais « , cet être de feu ne cesse de louer Dieu et de vivre passionnément l’amour de Dieu et des êtres (Source : http://legaut.chez-alice.fr/mispa/etty.htm)

 

Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d’avance.

Une chose cependant m’apparaît de plus en plus claire, ce n’est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t’aider – et ce faisant nous nous aidons nous-mêmes.

Etty Hillesum

 

Le 19 janvier 1942. Lundi matin, 10 heures.
On dirait qu’un complet équilibre s’est réalisé en moi. Plus jamais je n’ai besoin de me blottir dans un coin contre la bibliothèque pour « écouter en profondeur en moi », je suis toute la journée à l’écoute de ce qu’il y a au-dedans de moi, même quand je suis au milieu des gens, je n’ ai plus besoin de me mettre à l’écart, je puise régulièrement des forces aux sources les plus cachées et les plus secrètes qui sont en moi. –

p. 336

[Mardi,] le 22 septembre [1942]
II faut apprendre à vivre avec soi-même comme avec une foule de gens. Et l’on découvre alors en soi tous les bons et les mauvais côtés de l’humanité. Il faut d’abord apprendre à se pardonner ses défauts si l’on veut pardonner aux autres.

C’est peut-être l’un des apprentissages les plus difficiles pour un être humain, je le constate bien souvent chez les autres (et avant, je pouvais l’observer sur moi-même aussi, mais plus maintenant), que celui du pardon de ses propres erreurs, de ses propres fautes. La condition première en est de pouvoir accepter, et accepter généreusement, le fait même de commettre des fautes et des erreurs.

p. 728

Publicités